« Je continue ma grève de la faim, tant que ma fille la continue ; depuis son arrestation, je ne trouve aucun sens à ma vie ». Ainsi nous parlé la mère de la fille Hanaa Al-Chalabi arrêtée par les forces sionistes d'occupation.
Sa fille Hanaa a bien souffert de l’occupation sioniste et de ses arrestations à répétition. C’est un long périple. En fait, elle avait été détenue en septembre 2009. Puis, le 18 octobre 2011, elle a été libérée grâce à la transaction réalisée par la résistance palestinienne, le mouvement de la résistance islamique Hamas en tête. Mais le goût de cette libération est resté amer dans la bouche des occupants sionistes, ils sont venus l’arrêter encore une fois le 16 février 2012.
C’était un beau rêve qui n’a duré que quatre mois, dit la mère au correspondant du Centre Palestinien d’Information (CPI) qui faisait partie de ces gens venus montrer leur solidarité avec cette famille qui n’arrête de souffrir de l’occupation sioniste et de ses agissements. Avec une voix désespérée, la mère parle de ce court rêve : « Nous avions vécu un rêve de quatre mois, après la libération de ma fille Hanaa selon la transaction "Wafaa Al-Ahrar". Les autorités de l’occupation sioniste n’ont pu s’empêcher de briser ce rêve et de gâcher la vie de Hanaa et la nôtre ».
Des ambitions perdues
La mère souligne que sa fille Hanaa avait ses rêves et ses ambitions qui ont été ravivés avec la libération. Elle projetait de recommencer ses études pour devenir infirmière. Et durant ces quatre mois, elle aidait beaucoup sa mère et s’occupait bien d’elle.
« Elle était joyeuse, ajoute la mère ; elle nous taquinait tout le temps ; elle s’occupait de la maison ; elle dessinait une nouvelle image pour une nouvelle vie, la vie après la prison ; elle n’a pris qu’un petit temps pour s’adapter à la vie hors prison ».
La mère prend sa respiration avant d’ajouter : « Hanaa me parlait tout le temps de ses souffrances durant ces deux ans d’emprisonnement sous ce régime de "Détention administrative". Elle me disait : « Dans la prison, nous sommes dans une cage. Ils ne se rappellent de nous qu’à la fin de la durée de la détention pour la prolonger, toujours sans raison, et pour nous ramener dans notre cage ! ».
Un état de santé en détérioration
Dans sa détention, l’état de santé de Hanaa est en constante détérioration, confirme la mère, sans pouvoir cacher son inquiétude. De plus, elle n’est pas autorisée à rendre visite à sa fille. Elle appelle toutes les institutions juridiques et les membres arabes de la Knesset à intervenir pour lui permettre cette visite.
A l’instar de beaucoup de familles et de mères palestiniennes, celle de Hanaa a vu différents drames dans sa vie : « Mon fils Samer, les forces sionistes de l'occupation l’ont tué en 2005, aux confins du village ». Elle ajoute : « Puis tous mes garçons ont été le sujet de détention pour différentes périodes. Cette occupation n’a pas l’intention de nous laisser tranquilles, jamais ».
Le frère lance un appel de détresse
Les occupants sionistes portent la totale responsabilité de la vie de Hanaa, dit Omer, le frère de la captive. Il confirme que toute la famille est en grève, en solidarité avec Hanaa. Omer appelle à la continuation de toutes les activités de solidarité avec elle jusqu’à sa libération et l’échec des politiques abusives de l’occupation sioniste.
Omer appelle les institutions juridiques à intervenir afin de sauver la vie de sa sœur, ainsi que le gouvernement égyptien et la Croix-Rouge, surtout du fait qu’elle est privée de sa liberté sans aucun chef d’accusation.
L’exaspération du père
Toute la famille ne mange rien, dit le père de famille : « Depuis l’arrestation de Hanaa, aucune nourriture n’est entrée dans notre maison. Personnellement, je ne bois qu’un peu de lait pour pouvoir parler aux gens et aux médias des souffrances de ma fille. Les occupants sionistes ont agressé Hanaa et l’ont frappée durement. Une scène de barbarie inoubliable ».
« Ils doivent nous permettre de lui rendre visite, c’est insupportable et illégal. Nous continuerons cependant à la soutenir jusqu’à la fin. Elle est dans tous ses droits et elle n’a rien fait ; qu’ils sortent leur chef d’accusation pour la juger », dit enfin le père qui montre son exaspération.